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Vallourec, une augmentation de capital dilutive !

Sur BFM Business, lundi 18 avril 2016, j'ai affirmé (car probabilités de rencontrer un problème très élevées) puis expliqué en quelques mots que la vente à découvert de Vallourec ne devait absolument pas être tentée. Je vais compléter l'explication de cette affirmation. Elle est basée sur des éléments techniques.
Parier sur la baisse d'un titre en le vendant à découvert est une opération spéculative risquée et il faut bien connaitre les règles du jeu. Malheureusement ceux qui le font, sont persuadés d'avoir raison (la société est mal en point)… mais attention aux évidences. Ils font ce que leur dicte leur bon sens sans se rendre compte qu'ils vont tomber dans un piège.
Souvent vous m'entendez parler de contexte de marché. Lors d'une opération sur un titre (OST) avec droit de souscription, des opérateurs (arbitragistes) arbitrent le titre coté avec le droit de souscription :  souvent, ils achètent le droit et vendent l'action si le droit décote, cela les obligent à emprunter des titres mais il n'y en a pas forcément assez pour tout le monde. Ils réduisent le nombre de titres disponibles.
Pour un trader spéculateur non averti, vendre à découvert une action n'est pas anodin. Une action n'est pas un contrat à terme. L'action est négociée au comptant et donc la vendre à découvert oblige le spéculateur à emprunter les titres correspondant. Mais parfois, on ne trouve pas de préteurs et emprunter peut couter très cher ou s'avérer impossible. Si le coût d'emprunt, qui se négocie sur le marché du prêt emprunt titres devient trop élevé, les vendeurs à découvert (spéculateurs) vont racheter les titres qu'ils ont vendu. Certains acteurs plus avertis ont anticipé ce qui allait se passer et ils appuient là où ça fait mal : ils achètent le titre et le font monter. Le coût d'emprunt + la hausse du titre devient insupportable pour le vendeur. Si on peut trouver de l'argent avec un taux d'intérêt élevé mais acceptable, parlons de 10 même 20% annuel, le coût d'un prêt de titres peut atteindre 10% par jour !  Autant dire que c'est la mort des vendeurs à découvert. Bien avant d'en arriver là, les brokers demandent à leurs clients de racheter leurs titres vendus à découvert et ces rachats amplifient encore la progression... les avertis revendent aux non avertis, un cran plus haut, parfois un gros cran plus haut ! Connaissant bien les risques liés à cette situation, des brokers interdisent par avance la vente à découvert pendant la période de l'OST. Malheureusement, souvent ils le font quand la situation devient critique (certains ­­­spéculateurs se sont déjà fait avoir), les vendeurs à découvert sont étranglés. On appelle ça une situation de corner. Les vendeurs perdent beaucoup et doivent racheter.
Lorsque la création d'actions nouvelles est plus importante que le nombre d'actions anciennes disponibles au prêt, il y a un problème pour arbitrer le droit avec l'action et il est totalement proscrit de vendre à découvert. Une création d'actions nouvelles supérieure à 30% d'actions existantes peut déjà amener (quasi surement) une situation tendue. Il n'y a pas suffisamment d'actions anciennes que l'on peut emprunter en face des actions nouvelles non encore livrées. L'augmentation de capital se fait sur plusieurs jours puis il y a en encore quelques jours avant d'être livré des actions nouvelles...
Dans nos formations nous insistons sur l'importance de comprendre le fonctionnement des marchés avant d'espérer avoir une bonne idée ou trouver une méthode miracle !
Nous travaillons, lors de notre formation trading actions, sur des augmentations de capital pour lesquelles il y a eu un problème de prêt emprunt de titres. Attention, parfois, même sans une OST, ce problème peut arriver !
Comprendre le fonctionnement des marchés est une question de survie.
Je vous souhaite de bons trades, Jean Louis Cussac.